Alerte sur les conditions d’incarcération de Madame Victoire Ingabire Umuhoza

Alerte sur les conditions d’incarcération de Madame Victoire Ingabire Umuhoza

Communiqué 04/26/RifDP

Le Réseau international des femmes pour la démocratie et la paix (RifDP) porte à la connaissance du public qu’il suit avec une grande attention l’évolution de la procédure judiciaire engagée contre Mme Victoire Ingabire Umuhoza, figure emblématique de l’opposition démocratique et non violente au Rwanda.

Mme Ingabire Umuhoza est emprisonnée depuis le 19 juin 2025, après une première détention de huit années (2010-2018) liée à ses engagements politiques. Cette nouvelle procédure, ouverte à la suite d’une audition dans le cadre d’un procès visant plusieurs militants accusés de discussions sur des stratégies non violentes de promotion de la démocratie, soulève de sérieuses interrogations quant à ses fondements juridiques.

Depuis son incarcération, elle fait l’objet de restrictions sévères, incluant l’isolement de sa famille, l’absence d’accès adéquat aux soins, ainsi que des limitations à ses droits de défense et à sa liberté religieuse. Parallèlement, des actes de harcèlement et une campagne de dénigrement visant à porter atteinte à sa réputation et à la présenter comme une ennemie du pays ont été signalés.

Plusieurs instances internationales ont exprimé leurs préoccupations. Le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a estimé que les militants concernés avaient été privés de liberté de manière illégale, en violation de leurs droits fondamentaux. Le Parlement européen et Human Rights Watch ont également dénoncé des violations graves des droits humains. Amnesty International a, pour sa part, appelé à sa libération immédiate, estimant que les autorités rwandaises manifestent une intolérance persistante à l’égard de l’opposition politique.

Cette répression persistante à l’encontre de l’opposition démocratique au Rwanda, a comme objectif d’étouffer toute voix dissidente et de réduire davantage l’espace politique et civique.

Dans ce contexte, Mme Ingabire a notamment dénoncé devant la Haute Cour de Kigali, le 16 juin 2026, des restrictions affectant son accès aux soins médicaux, sa communication avec sa famille, sa pratique religieuse ainsi que ses droits à la défense notamment rencontrer ses co-accusés.

Ces éléments, pris ensemble, constituent des conditions de détention incompatibles avec le respect des droits fondamentaux pouvant être assimilées à une forme de torture psychologique et compromettent gravement sa capacité à préparer sa défense dans des conditions conformes aux principes d’un procès équitable.

En conséquence, nous appelons toutes les autorités et institutions disposant d’une capacité d’action à exiger que le Rwanda mette fin à toute forme de persécution à l’encontre de Mme Victoire Ingabire Umuhoza, respecte pleinement ses droits fondamentaux et garantisse sa sécurité ainsi que sa liberté.

Nous demandons également aux missions diplomatiques accréditées à Kigali de suivre attentivement sa situation, de s’enquérir régulièrement de son état de santé physique et psychologique et de veiller au respect effectif de ses droits fondamentaux.

À l’instar d’Amnesty International, nous demandons la libération immédiate et sans condition de Mme Victoire Ingabire Umuhoza.

Fait à Bruxelles, le 24 juin 2026.

Pour le Réseau international des femmes pour la démocratie et la paix (RifDP)

  • Primitiva Mukarwego — Coordinatrice, Section Belgique
  • Gloria Uwishema — Coordinatrice, Section Hollande
  • Chantal Gaudiot — Coordinatrice, Section France
  • Perpétue Muramutse — Coordinatrice, Section Canada