Max Komeza : Discours d’acceptation du Prix Jeunesse Engagée

Max Komeza : Discours d’acceptation du Prix Jeunesse Engagée

Mesdames et Messieurs,
Chers membres du Réseau international des femmes pour la démocratie et la paix,

C’est avec une profonde gratitude et un grand sens de responsabilité que j’accepte le Prix Jeunesse Engagée. Ce prix ne célèbre pas seulement un parcours personnel, mais rend hommage à toute une génération africaine qui refuse la résignation, qui choisit la dignité et qui s’engage pour la libération et la reconstruction morale, politique et culturelle de notre continent.

Mon engagement est avant tout patriotique. Il s’enracine dans l’amour du peuple africain et dans la conviction que notre émancipation ne viendra que de nous-mêmes. S’engager, c’est comprendre que notre avenir collectif dépend de notre capacité à servir notre peuple avec loyauté, à défendre sa souveraineté, et à poursuivre l’œuvre inachevée de celles et ceux qui ont donné leur vie pour la liberté de l’Afrique.

Ne pas s’engager pour son continent, c’est trahir les sacrifices de nos aînés. C’est accepter que d’autres définissent nos destins, exploitent nos terres et manipulent nos consciences. Le désintérêt des jeunes pour leur propre peuple conduit inévitablement à la perte de la justice sociale, à la fragilisation de la paix et à la disparition du sentiment d’appartenance à une même communauté de destin.

Je voudrais exprimer ici ma profonde reconnaissance envers nos aînés, gardiens de nos valeurs et de notre mémoire. Et plus particulièrement envers les femmes rwandaises piliers de notre communauté et du monde, qui portent la vie, la sagesse et la résistance. Leur courage silencieux est la première école du patriotisme.

Je pense notamment à Victoire Ingabire, femme de conviction et de sacrifice, dont le courage face à l’adversité incarne la fidélité à la vérité et à la patrie. Elle nous rappelle que le combat pour la liberté et la justice n’est pas une quête individuelle, mais une mission collective que chaque génération doit poursuivre.

Mon souhait pour la jeunesse africaine est qu’elle s’éduque, se responsabilise et s’autodétermine. Qu’elle prenne conscience de son rôle historique dans la construction d’un continent souverain et uni. Nous devons apprendre à penser par nous-mêmes, à réhabiliter nos propres modèles, et à bâtir un avenir que nos enfants pourront habiter avec fierté.

Je crois profondément à la complémentarité entre générations : les anciens nous offrent l’expérience et la mémoire, les jeunes apportent l’audace et l’énergie du renouveau. Ensemble, nous formons une même chaîne, un même peuple en marche vers sa renaissance.

Je dédie ce prix à toutes les femmes et à tous les jeunes du continent qui, souvent dans le silence, continuent de porter l’Afrique dans leur cœur et dans leurs actes.

Merci.